Air Canada va racheter Air Transat

On a droit à une semaine très chargée dans le domaine de l’aviation canadienne! C’est au tour d’Air Canada et Air Transat d’annoncer leur entente exclusive prévoyant une période de négociation de 30 jours, au terme de laquelle la plus grande compagnie aérienne canadienne compte racheter la compagnie aérienne de loisirs. 

Tel qu’on l’a mentionné mardi dans notre article sur l’achat de WestJet par une firme d’investissement privé, la compagnie montréalaise Air Transat explorait également une vente potentielle depuis quelques semaines. 

Hier, il a été annoncé qu’un accord préliminaire avait été conclu avec notre transporteur national Air Canada. Ce dernier a accepté d’acheter Air Transat pour 520 millions de dollars, les détails devant être réglés au cours du mois prochain.

Tu connais peut-être déjà Air Transat; c’est une compagnie aérienne de loisirs (leisure airline) qui opère une flotte d’une quarantaine d’avions, majoritairement vers des destinations soleil à l’hiver et vers l’Europe durant l’été. Mais c’est une entreprise intégrée verticalement: en plus de la compagnie aérienne, ils ont aussi une division agence de voyage et construisent même présentement leurs propres hôtels pour leur clientèle tout-inclus.

 

Ce que ça implique pour les voyageurs

Malheureusement, la prise de contrôle d’Air Transat par Air Canada voudra presque certainement dire que les prix seront plus élevés.

Dans un pays comme le nôtre, où les prix de billets d’avion sont déjà parmi les plus élevés de tous les pays développés, éliminer l’une des quatre grandes compagnies aériennes signifie moins de concurrence… et donc des prix plus élevés.

 

Le négatif

Voici un graphique intéressant partagé par CBC News pour montrer la capacité des compagnies aériennes pour l’Europe:

 

Comme tu peux le constater, Air Canada et Air Transat sont les deux principales compagnies aériennes, avec 43% et 20% de la capacité transatlantique. Les deux compagnies aériennes combinées ont donc près des deux tiers de la capacité de l’Europe, l’un des plus importants marchés de l’aviation pour les Canadiens.

Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que le concurrent le plus proche n’a que 11% de la capacité (contre 63%)… et qu’il s’agit d’un transporteur étranger en plus.

Il est maintenant extrêmement courant de voir des vols à destination de l’Europe aller à partir des États-Unis (de la côte est et la côte ouest) entre 200$ US et 300$ US aller-retour, y compris sur des compagnies full-service. Et même si les prix ont également baissé pour les départs canadiens, les prix ne sont toujours pas aussi intéressants qu’aux États-Unis, car il y a moins de concurrence et de volume (et des taxes plus élevées, bien sûr).

Ainsi, la plupart des Canadiens paient encore environ 1 000$ pour se rendre en Europe, et rien dans cette annonce n’est encourageant à cet égard. Nous craignons qu’au lieu d’avoir une baisse des prix comme ce que nous avons vu presque partout dans le monde, les Canadiens pourraient voir le contraire en raison de cette fusion, combinée à la cessation des activités de WOW air récemment.

WOW air m’a permis de voyager trois fois en Europe pour 1 000$ au TOTAL (3 allers-retours pour 247$, 300$ et 330$ de Montréal) et permettait de garder une pression à la baisse sur les prix des autres compagnies aériennes. Transat était souvent la compagnie la moins chère depuis la disparition de WOW. Et si tu as déjà fait quelque recherche de vols que ce soit, tu sais sûrement que de son côté, Air Canada est rarement l’option la moins chère.

Au moins, WestJet prévoit de devenir un acteur beaucoup plus important sur le marché transatlantique avec ses nouveaux avions long-courrier, mais reste à savoir si cela suffira ou non à compenser la diminution de la concurrence.

Pour les destinations soleil, les chiffres sont quelque peu meilleurs:

 

Mais encore: avoir 4 gros joueurs dans le marché est nettement meilleur pour la compétition (et pour les voyageurs) que seulement 3. 

Et contrairement au marché Canada-Europe, où de nombreuses compagnies aériennes européennes sont aussi présentes pour garder les transporteurs canadiens honnêtes sur leurs prix, on ne peut pas en dire autant des destinations soleil. Il n’y aura plus que 3 joueurs, du moins pour ceux qui voyagent uniquement avec des vols directs et aiment les vacances de type tout-inclus.

L’aéroport de Montréal est de loin la plus grande plaque tournante (hub) de Transat et Air Canada est déjà le transporteur #1 à l’aéroport… donc c’est particulièrement là que se feront ressentir les effets néfastes de la consolidation pour les voyageurs.

Enfin, c’est extrêmement (et entièrement) subjectif, mais beaucoup ont des opinions bien arrêtées à savoir si Air Transat offre un meilleur service qu’Air Canada. Par conséquent, le rachat par Air Canada peut être perçu comme une très mauvaise chose ou une très bonne chose, selon ton point de vue sur le sujet. Je ne peux malheureusement pas donner mon opinion sur ce point puisque Air Transat ne fait pas partie des 40+ compagnies aériennes que j’ai essayé, mais ma règle générale est que je ne me soucie de rien d’autre que le prix (et c’est pourquoi que je peux voyager 10+ fois par an)!

 

Le positif?

Comme le mentionnent les deux PDG dans le communiqué de presse, c’est une bonne nouvelle pour les deux sociétés, leurs actionnaires et leurs employés. Ces choses sont probablement toutes vraies. Mais cela ne peut généralement pas être bénéfique pour toutes ces parties prenantes et l’être aussi pour les clients.

Mais peut-être que les compagnies ultra low-cost (ULCC) qui sont maintenant au Canada, mais qui ne viennent pas encore au Québec, vont prendre avantage de cette opportunité et de cette ouverture pour prendre des parts de marché et répondre aux besoins des voyageurs sensibles au prix, du moins pour les destinations soleil.

Et à plus long-terme, le développement international de WestJet pourrait annuler l’effet de la consolidation pour le marché européen, tel que je le mentionnais. Et nous garderons les doigts croisés pour que les ULCC européennes Norwegian (déjà présent à Toronto) et LEVEL (déjà présent à Montréal) prennent de l’expansion au Canada afin de réduire les prix.

C’est vrai que la fusion pourrait mener à des économies d’échelle et donc de plus faibles coûts, mais voir ça comme du positif impliquerait de prétendre qu’Air Canada changerait son modèle d’affaires entièrement: en ce moment, leur positionnement n’est aucunement de se distinguer par le prix ou d’être moins cher… et avec un compétiteur majeur de moins, pourquoi ça changerait si ils connaissent un très bon succès avec cette approche?

Par contre, si tu es de ceux qui croient qu’Air Transat n’aurait pas pu survivre seul (ce qui est loin d’être une certitude, car ils sont en affaires depuis des décennies et semblent être appréciés de leurs clients), un argument pourrait être avancé comme quoi il vaut mieux qu’Air Canada les prenne en charge plutôt que d’éventuellement cesser complètement ses activités…

Finalement, ceux qui ont une grande fierté nationaliste seront contents que Air Transat reste entre les mains d’une compagnie établie au Québec, même si comme la plupart des politiques protectionnistes, ce n’est pas nécessairement bon pour les consommateurs. En fait, c’est précisément une des raisons pourquoi les prix de billets d’avions ont toujours été élevés au Canada: la loi empêche les investisseurs étrangers de posséder plus de 49% des compagnies aériennes (et jusqu’à récemment c’était même 25%), ce qui limite l’accès au financement et la compétitivité des compagnies aériennes canadiennes.

 

Les détails 

Évidemment, de nombreux autres détails devront être réglés.

Le principal obstacle sera probablement le Bureau de la concurrence du Canada, qui devra décider si l’achat est dans l’intérêt des consommateurs. Selon les commentaires du gouvernement du Québec et du ministre fédéral des Transports depuis l’annonce, les signes semblent indiquer une approbation, mais seul le temps nous le dira.

Si l’accord est conclu, il est extrêmement improbable qu’Air Canada s’intéresse au projet de construction d’un hôtel lancé par Air Transat. Même le côté voyagiste de l’entreprise sera probablement cédé, soit par choix stratégique, soit à la demande du Bureau de la concurrence.

Est-ce que la marque Transat survivra ou elle sera absorbée sous le nom de Air Canada rouge, la marque lancée il y a quelques années justement pour concurrencer Transat et Sunwing? Ça semble l’option la plus probable.

 

Sommaire

Le rachat d’Air Transat par Air Canada est inquiétant, du moins pour les consommateurs, car moins de concurrence est rarement une bonne chose.

 

Que penses-tu du rachat d’Air Transat? Dis-nous le dans les commentaires! 

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Photo de couverture: Air Canada and Air Transat planes (crédit photo: WikiCommons et Airbus)

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Andrew D'Amours

Andrew est le cofondateur de Flytrippers. Passionné de voyage, et de l'industrie du voyage elle-même en tant qu'ancien consultant en gestion, il veut partager son expérience et vous aider à économiser sur vos voyages. En tant voyageur très économe, il adore trouver des bons deals et avoir des voyages gratuits grâce au Travel Hacking... pour l'aider à visiter chacun des pays du monde (compte actuel: 45/193 pays, 46/50 États Américains & 9/10 Provinces Canadiennes).

This Post Has 4 Comments

  1. Salut à tous,
    Avec Norwegian Air qui ne reviendra pas cette année ça voudrais dire que Air Canada va avoir la voie libre pour la Martinique et la Guadeloupe. En espérant qu’une autre compagnie s’en mêle ou que Norwegian revienne sur sa décision .
    C’est la pire chose qui peut arrivé pour nous et les Antilles françaises

    1. En effet. Norwegian ne reviendra fort probablement pas sur leur décision alors ça ne regarde pas particulièrement bien pour les routes qui étaient desservies principalement par AC et AT, c’est vrai. Rien de réjouissant pour les consommateurs et voyageurs dans l’élimination d’un gros joueur, quoiqu’en dise ceux qui ont si peur que les entreprises québécoises deviennent la propriété d’intérêt étrangers!

  2. Et quand est-il de Canada Jetlines qui est supposé débuter en décembre 2019. C’est un ULCC qui devrait faire le Canada au complet et certaines destinations soleil. Surtout après cette annonce Air Canada / Air Transat, est-ce que ça pourrait être la partie ‘espoir’ pour les Canadiens ?

    1. Jetlines sont en lancement depuis 2016, alors disons qu’on ne se réjouit pas trop rapidement. Si ils se lancent réellement en décembre, c’est une excellente nouvelle, mais encore faut-il qu’ils viennent réellement au Québec aussi. On va suivre ça de près ça c’est certain 🙂

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