Mon périple en train de 1000 kilomètres et 35 heures à travers le Zimbabwe et le Botswana

Je ne le dirai jamais assez: pour moi, aimer voyager signifie en apprécier chaque partie, y compris de très longs trajets dans des trains délabrés vieux de 60 ans à travers des pays exotiques d’Afrique. Ce fut l’une de mes expériences de voyage les plus uniques à vie, malgré que j’avais été dans plus de 50 pays avant ce voyage en septembre.

Le périple EST la destination («the journey IS the destination»)—je t’encourage donc à faire un effort et essayer d’apprendre à apprécier le périple. Surtout, je t’encourage à arrêter de penser dans l’état d’esprit d’aller à un endroit et que la seule partie significative du voyage est une fois que tu y arrives. Cela n’a aucun sens, car une fois que tu y seras, tu te déplaceras aussi (je l’espère du moins).

La notion de mouvement et le périple lui-même est essentielle au mot voyage. Voyager, c’est bouger.

Dans le cas des trains africains, ce n’est peut-être pas confortable, mais sortir de sa zone de confort est le but de voyager, non? Ce trajet de 35 heures était génial pour ça. J’étais aussi en Afrique de l’Ouest en juillet et j’ai passé environ 10 heures avec des locaux dans des taxis partagés délabrés (des «combis» ou des «sept-places»), et c’était toute une aventure aussi (je raconterai dans un prochain article).

J’aime tout des voyages. Bien que je sois un geek de l’aviation et que je choisisse de prendre l’avion dès que je le peux parce que j’aime aussi être en avion en tant que tel, plus j’essaie des trains longue distance, plus j’apprécie cette façon différente de se déplacer.

Dans un article séparé, je parlerai davantage de pourquoi j’aime de plus en plus les «sleeper-trains», et pour ceux qui sont soucieux de l’environnement, de comment ils sont un excellent moyen de voyager plus écologiquement. Je vais également parler de profiter des périples, pas seulement des destinations.

Pour le moment, je veux t’en parler de mon voyage épique en train au Zimbabwe et au Botswana, en 3 tronçons.

Mon itinéraire (mais Google n’a pas les trains sur ses cartes là-bas, alors ceci est via les routes, pas les trains)

 

De Victoria Falls à Bulawayo

Si tu as vu mon article à propos de ma baignade au bord des chutes Victoria au sommet d’une chute de 100 mètres, tu sais que je visitais cette région comme première étape de mon voyage en Afrique australe (pour profiter du deal génial des hôtels gratuits).

J’ai pris l’avion pour me rendre à Victoria Falls car je ne voulais pas forcément prendre le train dans les deux sens. Faire l’expérience de tout une fois en voyage est quelque chose qui m’attire… mais tu n’es pas obligé de le faire deux fois et de passer 70 heures dans des trains.

Tu peux toujours faire du «mix-and-match» et être créatif avec tes itinéraires, c’est pourquoi voyager de façon indépendante et bâtir ton propre itinéraire sera toujours mieux qu’un tour organisé (et les vols allers-simples sont presque toujours la moitié du prix d’un aller-retour, du moins pour la plupart des vols court-courriers). 

Donc, pour ensuite me rendre au Mozambique sur la côte Est de l’Afrique australe, j’ai regardé mes options et trouvé cet itinéraire amusant.

Tout d’abord, j’ai pris un train de nuit de 16 heures de Victoria Falls (la ville) vers Bulawayo, la deuxième plus grande ville du Zimbabwe. Je restais du côté zambien de Victoria Falls (les chutes, pas la ville), mais c’est facile, pas cher et rapide de traverser (je l’ai fait 5 fois pendant mon séjour et tu as la chance de marcher sur un pont vieux de 100 ans qui surplombe le fleuve Zambezi.

 

La vue à partir du train était très jolie le matin, par contre je recommanderais de faire le voyage dans l’autre sens si tu le peux; il vaut beaucoup mieux voir la région avec des parcs nationaux autour des chutes Victoria que la zone près de Bulawayo.

 

Comme tous les «sleeper-trains» (les trains-lits ou trains-couchettes), l’expérience elle-même est géniale. Tu peux voir la campagne et des endroits que tu ne pourrais probablement jamais voir autrement.

 

Tu as également la chance de parler avec les locaux qui prennent ces trains (crois-moi, pour quelqu’un comme moi qui déteste les hordes de touristes, ce train était définitivement un espace sécuritaire—pas beaucoup de touristes ici!).

 

Et voici un grand avantage pour les voyageurs à petit budget qui veulent voyager plus: les sleeper-trains te font économiser une facture d’hôtel! Et pour ceux qui disent que le temps est plus important que l’argent, eh bien, tu voyages pendant la nuit pendant que tu dors, ça permet donc aussi d’optimiser ton temps de voyage (quoique comme tu vas le voir, ce train-ci était loin d’être rapide).

Ce trajet, y compris une couchette dans une cabine, m’a coûté un total de 3$US. Ou si tu veux te gâter et obtenir la cabine complète pour toi seulement, tu peux payer pour les deux lits au prix ridicule de 6$. Je ne peux pas imaginer à quel point les sièges sont bon marché dans les wagons sans couchette.

Oui, tu as bien lu: 3$US. Pour un train-couchette de 16 heures. Même mon hostel à 5$ à Bali ne peut pas rivaliser avec cela (bien que mon hostel à 5$ à Bali était tout neuf et très propre). C’était le prix en septembre, par contre, si tu as suivi l’actualité internationale, tu sais que les fluctuations peuvent être extrêmes au Zimbabwe, jadis émetteur des vrais billets de 100 mille milliards de dollars («100 trillion» en anglais).

Ce long voyage en train était tout ce que je m’attendais à ce qu’il soit dans un pays qui a été ravagé par des crises économiques pendant une grande partie de son histoire.

 

Le train, construit dans les années 1950, ne pourrait en aucun cas être considéré propre, mais cela fait certainement partie du charme. Il s’agit d’une authentique expérience zimbabwéenne. Unique. J’ai adoré.

 

Les wagons portaient encore le logo RR de Rhodesia Railways, qui date de quand le Zimbabwe avait encore son nom colonial.

 

L’évier dans la cabine ne fonctionnait pas.

 

L’évier dans la salle de bains ne fonctionnait pas.

 

Le siège de la toilette était légèrement rouillé (ce n’est pas peinturé brun… c’est juste 100% de la rouille). Et la «toilette» n’était en fait qu’un trou, donc tout finit sur les rails.

 

Une expérience mémorable à coup sûr!

Aucune literie n’était disponible, ce qui était une première pour moi dans mes 4 expériences de train-couchette.

Mais même si je suis complètement incapable de dormir sur des sièges normaux, s’il y a un lit, je suis correct. J’ai très bien dormi avec mon manteau de pluie comme oreiller. Malgré que le train basculait d’un côté à l’autre comme je n’avais jamais vu un train basculer, surtout à sa vitesse tellement lente (ou peut-être que c’est à cause de la vitesse tellement lente?).

 

Parce que je choisis de visiter des destinations abordables (pour voyager plus souvent), il y a un thème récurrent dans quelques-unes de mes expériences en train-couchette: pas de climatisation, ce qui signifie qu’il fait très, très chaud dans le train (les pays bon marché ont souvent de vieux trains). Il faisait insupportablement chaud au début, mais quand le train s’est mis à bouger et qu’un peu de courants d’air entraient et que les températures nocturnes ont chuté, c’était mieux.

Mais il était trop tard pour mon chocolat Astros, qui a fondu (je me suis souvenu de cette marque dans mon enfance—ils ont été discontinués depuis longtemps au Canada, mais ils en ont toujours en Afrique australe).

 

Côté sécurité, les cabines se verrouillent de l’intérieur, donc pas de risque de se faire voler mon ordinateur portable ou autres objets de valeur. Tout le monde dans le train avec qui nous avons parlé semblait sympa, et les employés semblaient faire des tournées régulières. Je dirais certainement que c’est un train sécuritaire.

 

Le train semblait assez plein de gens locaux, y compris des familles avec enfants, mais il ne semblait pas y avoir beaucoup de voyageurs (aucun, en fait, à part mon nouvel ami irlandais Connor que j’ai rencontré à la gare et avec qui j’ai partagé une cabine pour économiser 3$, #budgettravelforever).

Tu peux te promener dans le train, mais il n’y a pas de wagon de cantine ou quoi que ce soit du genre. Il y avait un wagon de rangement étrange, mais j’ai décidé de me mêler de mes affaires donc je n’ai pas ouvert la porte davantage.

 

Les lumières de notre cabine ne s’étaignaient pas (une chance que j’avais mon masque pour dormir), mais en regardant dans une cabine voisine on a réalisé où l’interrupteur était. Mais ça ne nous tentait pas trop de jouer avec les fils vu l’état du reste du train.

 

Une chose est certaine: les voyageurs des 50 dernières années ont vraiment pris à coeur la requête du NRZ de faire attention au train pour le faire durer. Mission accomplie: plusieurs générations ont utilisé chaque partie.

 

On comprend que ce n’est pas pour sauver de l’argent la requête, c’est vraiment que si tu ne fais pas attention et que tu brises quelque chose, ça ne sera probablement juste jamais réparé.

Un dernier truc très unique est que le train s’arrête au milieu de nulle part pour prendre des passagers. Pas de gares, pas d’indications, juste des gens à côté des voies et le train s’arrête.

 

Le train est presque ridiculement lent—400 kilomètres en 16 heures, c’est une moyenne de 25 km / h. Enfin, un train auquel notre VIA Rail canadien se compare avantageusement (je ne fais que blaguer).

Nous sommes partis à l’heure (19h) mais sommes arrivés à Bulawayo à 11h au lieu de 9h, ce qui est apparemment toujours le cas. Le billet pour ce train peut être acheté seulement le jour même en personne à la gare.

 

De Bulawayo à Francistown

Après quelques heures à explorer Bulawayo, j’ai pris le train «normal» de jour à 14h pour connecter à un autre sleeper-train à Francistown, l’une des plus grandes villes du Botswana. C’était ma première fois à faire deux nuits de suite dans des trains.

 

Ce fut une expérience assez différente: un tout nouveau train exploité par Botswana Railways plutôt que par le National Railways of Zimbabwe.

 

Cela me donnait l’espoir que mon prochain sleeper-train serait aussi agréable et que j’aurais de la literie cette fois, comme ça avait toujours été le cas ailleurs.

 

Il a fallu 5 heures et demie pour se rendre à Francistown (200 kilomètres, 36 km / h en moyenne). Mais cela inclut le long arrêt à la frontière (il est rarement rapide de franchir les frontières «overland» dans les pays moins développés). Les agents du Zimbabwe et du Botswana sont montés à bord, alors au moins il n’était pas nécessaire de sortir du train.

Ce trajet m’a coûté 70 BWP (~ 9$C), et j’ai pu réserver celui-ci en ligne à l’avance sur le site de Botswana Railways.

 

De Francistown à Gaborone

Le dernier tronçon du voyage a été de rejoindre la capitale du Botswana dans un autre sleeper-train. L’horaire est coordonné avec le train Bulawayo – Francistown, il n’y a donc que très peu de temps d’attente à Francistown: l’escale est malheureusement très courte et je n’ai donc pas pu visiter la ville.

Si tu suis Flytrippers, tu sais à quel point j’adore les lounges d’aéroport et comment ils sont l’un des rares luxes avec lesquels je me gâte en tant que voyageur à petit budget (et tu devrais aussi, car c’est gratuit si tu gagnes plus de 60 000$ ou bien si tu voyages très souvent).

C’est pourquoi si je peux prendre l’avion pour le même prix que le train (comme c’est souvent le cas en Europe par exemple), je choisirai toujours l’avion pour relaxer et manger/boire gratuitement dans le lounge.

Mais, à ma grande surprise, la gare de train de Francistown avait en fait un lounge! Il était réservé aux passagers de première classe (ce qui signifie ceux qui paient pour un lit-couchette). Il n’y avait pas de nourriture et n’avait qu’une distributrice d’eau, mais c’était beaucoup plus calme et plus confortable que la salle d’attente générale.

Ensuite, il était temps d’embarquer et wow, quelle différence en une seule journée. Ce train était non seulement infiniment meilleur que le train de la nuit précédente (certes, la barre était très basse), c’était aussi le plus beau sleeper-train de ma vie.

 

Il semblait tout neuf et avait tout ce dont tu pourrais avoir besoin. Des prises de courant pour recharger ton téléphone, de la literie, la climatisation et même des lumières qui marchent.

 

Il y avait même un évier fonctionnel!

 

Il y avait aussi un tiroir verrouillable (avec clé fournie) pour tes objets de valeur.

 

D’accord, si tu soulèves simplement le coussin du lit, le tiroir sécurisé n’est pas si sécurisé finalement, mais au moins il fonctionne pendant que tu es sur le lit.

 

Ou pendant que tu es assis, car les lits du bas peuvent être convertis en sièges confortables avant d’aller dormir.

 

L’employé très sympathique est même venue pour distribuer un sac avec des collations et une boîte de jus, qui est inclus pour les passagers de première classe. Les chips de marque Simba sont très populaires en Afrique australe, et je dois dire que ceux à saveur de bœuf ne sont pas mauvais du tout. Ce n’est pas exotique comme les côtes levées de crocodile que je venais de manger en Zambie, mais pour un non-foodie comme moi, au moins c’était quelque chose que nous n’avons pas chez nous.

Il y avait aussi une voiture buffet/bar avec des collations et des tabourets pour se détendre et socialiser, et j’ai eu la chance de rencontrer et d’avoir des conversations intéressantes avec des Botswanais locaux et un groupe de bénévoles du «Peace Corps» américain là-bas.

J’avais rencontré les bénévoles dans le lounge plus tôt, et il s’avère que l’un d’eux était mon compagnon de cabine. Et heureusement, le train n’était pas plein, donc les 2 lits supérieurs sont restés vides. J’ai dormi mieux que je n’avais jamais dormi dans un train, ça c’est sûr.

Ce train beaucoup plus agréable a un prix plus élevé, évidemment, loin des 3$US de la nuit précédente. Cela m’a coûté 293 BWP (~ 36$C), ce qui n’est pas beaucoup plus que ce que j’aurais payé pour un lit dans ce pays pas si abordable pour les voyageurs. Et j’ai également été transporté à travers tout le pays, donc ce n’est pas trop mal.

 

Nous sommes partis à 21h et sommes arrivés à 6h comme prévu (400 kilomètres en 9 heures, une moyenne de 44 km / h). La gare de Gaborone était toute neuve, tout comme celle de Francistown. Elle est située très près du centre-ville, j’ai donc pu me promener et explorer Gaborone à l’arrivée.

Le périple s’est donc définitivement terminé sur une note positive… j’aurai plus de contenu à propos de mes 12 voyages internationaux de l’année 2019 dans les prochaines semaines, incluant un survol dans ma revue de l’année!

 

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Sommaire

Tu pourrais penser que 35 heures en transit semblent ennuyeux ou épuisant, mais au contraire. Bien sûr, cela prend beaucoup de temps et tu dois sortir de ta zone de confort, mais cela fait partie du voyage. Et ces trains au Zimbabwe et au Botswana en valent la peine, car tu  économises de l’argent sur l’hébergement en dormant (confortablement!) dans le train.

 

Serais-tu partant pour faire un voyage en train de 35 heures comme celui-ci? Quelle a été ton plus long trajet «overland»? Dis-le nous dans les commentaires!

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Photo de couverture: quelque part au Zimbabwe (crédit photo: Andrew, cofondateur de Flytrippers)

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Andrew D'Amours

Andrew est le cofondateur de Flytrippers. Il est passionné de voyages, mais aussi de l'industrie du voyage elle-même en tant qu'ancien consultant en gestion. Il partage son expérience et t'aide à économiser sur tes voyages. En tant que voyageur très économe, il adore trouver des bons deals et avoir des voyages gratuits grâce aux points de récompenses de voyage... pour l'aider à visiter chacun des pays du monde (compte actuel: 62/193 pays, 46/50 États Américains & 9/10 Provinces Canadiennes).

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