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Cet été, le Gouvernement du Canada a annoncé qu’il allait interdire à tous les voyageurs non-vaccinés d’embarquer dans tout avion dans un aéroport canadien. Même pour *quitter* le pays. Sans aucune possibilité de présenter un test comme alternative. Une mesure extrême, de son propre aveu.

Plusieurs nous ont posé des questions sur cette mesure, que ce soit des voyageurs non-vaccinés ou vaccinés. Imagine-toi que même des voyageurs entièrement vaccinés (comme nous) peuvent se demander si cette mesure extrême est vraiment possible.

Et sinon, des voyageurs vaccinés pourraient être bien inquiets de savoir que les non-vaccinés pourraient continuer d’être à leurs côtés en avion, donc c’est bon à savoir.

C’est supposé entrer en vigueur le 30 novembre… si vraiment le gouvernement va de l’avant.

Voici 4 raisons pourquoi ça pourrait ne pas arriver (et une en bonus)… et pour chacune, pourquoi ça pourrait arriver aussi.

 

La base de la nouvelle exigence

Je commence avec un avertissement.

Pour être bien clair: c’est définitivement très possible que le gouvernement applique les règles exactement comme il l’a annoncé. C’est ce qu’il répète depuis le début. Ça n’a donc pas le choix d’être considéré l’option la plus plausible automatiquement.

Donc pour ceux qui ne sont pas vaccinés et qui veulent être sûrs de pouvoir voyager, les meilleures chances de succès sont de:

  • Se faire vacciner
  • Quitter le pays avant le 30 novembre*

*Il n’y a aucun changements aux règles d’entrée du Canada du tout, c’est complètement séparé comme règle. Celle-ci est pour prendre l’avion dans un aéroport canadien seulement. Donc les Canadiens non-vaccinés vont pouvoir continuer d’entrer, il faut juste partir avant le 30 (et 145 pays sont ouverts aux voyageurs canadiens non-vaccinés).

Ça entre en vigueur ce samedi le 30 octobre (seulement pour les 12 ans et plus évidemment), mais il y a une période de transition d’un mois, donc le gouvernement attend peut-être le plus près possible de la fin de cette période pour dévoiler toutes les exemptions et les précisions…

Pendant la période de transition, les non-vaccinés ont le droit de prendre l’avion en présentant un test moléculaire (PCR) fait dans les 72 heures avant le vol (il n’y a aucune autre exigence, contrairement à ce que le gouvernement voulait clairement faire croire).

Cette exemption avec un test va prendre fin le 30 novembre… ou pas?

 

4 raisons pour lesquelles la nouvelle exigence pourrait être un bluff

Empêcher les non-vaccinés de prendre un avion n’a pas d’impacts négatifs comme mettre dehors des infirmières non-vaccinées qui ont fait reculer le gouvernement du Québec. Mais le gouvernement du Canada pourrait quand même lui aussi adoucir sa position…

 

1. Juste l’annonce de la mesure est assez pour faire peur

Si le but de l’annonce est de faire peur aux non-vaccinés pour les convaincre de se faire vacciner, c’est probablement très efficace.

Juste le fait de dire aux non-vaccinés qu’ils vont être pris au Canada (qui est effectivement quelque chose de très épeurant, surtout pour des voyageurs) doit certainement avoir encouragé la vaccination.

Juste l’annonce et la menace de la mesure en soi, c’est peut-être assez… sans avoir à vraiment l’implanter.

Hypothétiquement, en attendant juste avant le 30 novembre pour finalement dire que l’exemption de présenter un test PCR 72 heures demeure, ça aurait probablement un effet aussi grand sur le taux de vaccination des voyageurs que de vraiment implanter la mesure.

Et ça éviterait tout le casse-tête que l’implantation implique, surtout au point de vue juridique (il faut en plus que le gouvernement gère les contestations de son exigence de vaccination pour les employés fédéraux aussi, en parallèle).

Maintenant, de l’autre côté… pourquoi ça pourrait arriver.

Le but de la mesure est soit de convaincre les non-vaccinés de se faire vacciner en général ou simplement de punir les non-vaccinés (mais pas de protéger les passagers; voir raison bonus à la fin).

Et les mesures pour punir les voyageurs et pour punir les non-vaccinés sont excessivement populaires auprès de la population et de l’opinion publique, la seule chose qui importe toujours le plus pour des politiciens.

Donc punir les non-vaccinés qui veulent voyager, wow! C’est doublement plus de points politiques à gagner ça. Donc c’est très possible que ça vaille les efforts pour le gouvernement.

 

2. Le volet international

Je ne parlerai même pas de ce que plusieurs avancent, soit que cette mesure brime le droit constitutionnel de libre circulation ou de quitter le pays. Parce qu’objectivement, ce n’est pas comme si on en était aux premières exceptions aux libertés en réponse à la pandémie.

Que tu sois pour ou contre, c’est un fait indéniable. Et le fait est que les juges ont toujours statué qu’à peu près toutes les restrictions aux libertés étaient justifiées selon eux pendant la pandémie. C’est la réalité.

Mais là où ça cause problème, c’est pour les étrangers. Plusieurs étrangers ont droit à des exemptions pour entrer au Canada en étant non-vaccinés.

Le gouvernement vient d’annoncer qu’ils vont être exemptés de cette nouvelle exigence, donc des non-vaccinés vont déjà être dans les avions (comme ceux qui vivent en région éloignée, qui ont des exemptions médicales, qui font un «voyage d’urgence», etc.)

Et si tu donnes une exemption pour les étrangers, ça veut dire que tu n’as pas le choix d’inclure aussi les Canadiens avec double-citoyenneté non?

Ce que le gouvernement dit, c’est qu’ils vont être pris ici et ne pourront pas sortir. Pas sûr que les gouvernements des pays de ces gens vont apprécier qu’on emprisonne leurs citoyens.

C’est peu probable que le gouvernment va vraiment empêcher un Canadien avec la double citoyenneté de quitter le Canada. Environ 2 millions de Canadiens ont la double citoyenneté. C’est beaucoup de gens.

Alors les non-vaccinés qui ont la double citoyenneté auraient plus de droit que ceux qui sont «100% Canadiens»? Difficile à défendre politiquement de discrimer comme ça non?

Maintenant, de l’autre côté… pourquoi ça pourrait arriver.

Le gouvernement pourrait tout simplement effectivement discriminer et dire que les Canadiens non-vaccinés n’ont pas le droit de sortir, mais que leurs concitoyens qui s’adonnent à être né ailleurs (ou avoir acquis une autre citoyenneté peu importe comment) ont plus de droits qu’eux.

Ça reste que les non-vaccinés sont une minorité et on a vu très clairement pendant l’élection inutile en pleine pandémie que le gouvernement aime mieux les utiliser pour marquer des points politiques qu’essayer de gagner leurs votes de toute façon.

 

3. Aucun autre pays au monde fait ça (ou sinon très peu)

À notre connaissance, il n’y a pas le moindre autre pays dans le monde entier qui croit que c’est raisonnable d’empêcher les non-vaccinés de sortir du pays.

Pour être bien clair: contrairement aux règles d’entrées de chaque pays, Flytrippers n’a pas fait la vérification pour tous les pays, vu que ça n’a pas vraiment de valeur ajoutée pour nos lecteurs. Mais on n’a jamais entendu parler d’un autre pays qui a proposé une telle mesure.

Au minimum, le Canada serait dans les très rares pays à faire ça. Ou sinon peut-être le seul au monde carrément.

Est-ce que ça veut dire automatiquement que le gouvernement ne le fera pas? Bien sûr que non.

Mais le fait qu’aucun autre pays n’a proposé ça n’a pas le choix de soulever des doutes par rapport à l’implantation.

Par exemple, l’Australie a toujours banni tout le monde de sortir (pas juste les non-vaccinés). Ils vont bientôt laisser sortir les vaccinés, mais ils avaient déjà des exemptions pour permettre aux non-vaccinés de sortir (qui devraient demeurer en place) et elles ne sont pas juste pour ceux avec la double-citoyenneté ou les étrangers.

Et même s’ils les enlèvent, c’est aussi le pays qui fusille des chiens dans les refuges pour éviter que les gens aient les chercher, donc peut-être que ce n’est pas nécessairement ce qu’on pourrait appeler être en bonne compagnie en termes d’extrémisme…

Maintenant, de l’autre côté… pourquoi ça pourrait arriver.

Le gouvernement dit depuis le début qu’il est à l’aise d’avoir cette mesure extrême. La définition d’extrême selon le Larousse est «qui dépasse les limites ordinaires, qui est très éloigné du juste milieu, de la moyenne» et le gouvernement se vante que cette mesure va être la «plus forte au monde».

Bref, il admet et sait depuis le début que c’est extrême et que ça dépasse ce que les autres pays font. Et il n’a pas de problème avec ça (encore une fois, c’est très populaire dans l’opinion publique, alors…).

 

4. Le passé est garant de l’avenir

Ce ne serait pas la première fois que le gouvernement du Canada exagère les mesures de voyage en les annoncant.

Oui, ce gouvernement a l’habitude d’annoncer des règles plus strictes que celles qu’il finit par implanter.

Voici 4 exemples récents (le premier est même par rapport à cette mesure-ci précisément).

Premièrement, j’y ai fait allusion brièvement tantôt, mais sur le site web gouvernemental, ça disait que la période de grâce de cette mesure était pour les voyageurs «en processus de vaccination».

Flytrippers a immédiatement contacté les relations médias de Transports Canada et comme on était sûr, ce n’est même pas vrai. C’est juste un phrasage pour faire plus peur aux non-vaccinés. La période de grâce est pour tous les non-vaccinés, qu’ils soient en processus de se faire vacciner ou non.

Donc clairement, le gouvernement est à l’aise d’intentionnellement faire paraître les mesures pires qu’elles ne le sont vraiment encore aujourd’hui.

Deuxièmement, quand la quarantaine à l’hôtel a été annoncée cet hiver, il a parlé du montant de 2000$ par personne à répétition. En réalité, quand la mesure est entrée en vigueur, il y avait des hôtels pour aussi “peu” que ≈ 600$ dans certaines villes. Tu me diras qu’un écart de 70% c’est peu pour un gouvernement qui n’a jamais vraiment donné l’impression de savoir compter et je dirais “touché”…

Mais quand même, il y a un pattern.

Parce que troisièmement, cet été, ils ont refait la même chose: ils ont annoncé une règle plus stricte pour faire peur aux gens et les décourager de réserver des voyages, et ensuite ils ont assoupli quand c’était le temps de la mettre en vigueur.

Quand ils ont annoncé la fin de la quarantaine de 14 jours, ils avaient dit que ça allait être obligatoire de se mettre en quarantaine à la maison pour 24 à 48 heures le temps de recevoir le résultat du test qui était fait à l’arrivée à l’époque. Ils n’ont jamais publiquement évoqué de modifier ça et pourtant quand la règle est entrée en vigueur, il n’y avait aucune quarantaine à faire du tout finalement.

Finalement, pendant les vacances de Noël 2020, moment où le «travel-shaming» a vraiment commencé après des reportages dans les médias, le Premier Ministre n’arrêtait pas de dire que de nouvelles règles allaient être implantées rapidement, pour décourager ceux qui n’étaient pas encore partis et rassurer ceux qui avaient si peur des voyageurs qui reviendraient.

En réalité, l’exigence de test pré-départ que le gouvernement a imposé a seulement débuté le 7 janvier, quand la vaste majorité de ceux qui partaient pour le temps des Fêtes étaient déjà revenus.

C’était beaucoup moins strict qu’annoncé initialement. Les 4 fois.

Maintenant, de l’autre côté… pourquoi ça pourrait arriver.

Plein d’autres fois… le gouvernement a annoncé quelque chose et a mis en place exactement ce qu’il avait annoncé.

Donc comme les 3 autres, la raison à elle seule ne garantit pas que cette mesure va être moins stricte. Mais quand on regarde l’ensemble, c’est certainement au moins possible… même si il ne faudrait surtout pas compter trop là-dessus comme mentionné en introduction.

 

Bonus: La science

La science serait une bonne raison pour le gouvernement de ne pas être aussi strict. Et de permettre de présenter un test négatif au lieu d’une preuve de vaccination.

Haha, c’est une blague… on sait objectivement que la science n’est pas sur quoi il base ses décisions de voyage: le comité d’experts scientifiques assemblé par le gouvernement lui-même a fait un rapport exhaustif en mai (!!!) et a recommandé d’éliminer les tests pré-départ «excessifs» pour les voyageurs vaccinés qui veulent entrer au Canada. Le gouvernement n’a pas encore suivi la science 5 mois plus tard.

C’est pour ça que c’est une raison bonus, parce que ce n’est pas vraiment une réelle raison possible pour le gouvernement (et aussi Flytrippers aime ajouter des bonus dans nos listes, vu qu’on aime t’en donner plus pour ton argent).

Mais si on suivait la science, peut-être qu’avoir fait un test rendrait les non-vaccinés même potentiellement moins risqués que tous les voyageurs vaccinés comme moi, qui n’auront toujours pas besoin d’être testés pour prendre un avion (et qui peuvent quand même transmettre le virus en étant vacciné).

Pour ton info, le Canada teste les non-vaccinés à l’arrivée et publie les données. Seulement 1% testent positif vu qu’ils avaient un test PCR pré-départ à faire avant d’entrer.

Est-ce si impossible que les voyageurs vaccinés (mais pas testés) soient eux aussi positifs à 1%? Et qu’ils représentent donc le même niveau de risque que des non-vaccinés avec un test négatif PCR de 72 heures?

Ce serait intéressant que le gouvernement publie les données qu’il utilise pour cette nouvelle mesure, vu qu’il prétent que ses décisions de règles de voyage sont basées sur la science.

Maintenant, de l’autre côté… pourquoi ça pourrait arriver.

Le gouvernement ne base pas ses décisions sur la science. S’il le faisait vraiment, pourquoi ne pas demander aux non-vaccinés de présenter un test PCR fait le jour même, ce qui réduirait le risque à presque zéro. Oui, les résultats express coûteraient plus cher aux voyageurs, mais ils auraient presque certainement plus de chances d’être COVID-négatifs que les voyageurs vaccinés, qui ne sont pas testés.

Le gouvernement a déjà des règles spéciales de tests à faire le jour même pour les arrivées directes en provenance de 2 pays (Inde et Maroc). Incluant pour les Canadiens non-vaccinés. C’est faisable.

Si c’était pour réduire le risque pour les passagers, ils demanderaient à tout le monde de se faire tester en fait! Même nous qui sommes vaccinés: on peut quand même être infectés et être infectieux…

Mais c’est pour punir les non-vaccinés. Ce qui est bien correct si tu veux ça et que tu crois que c’est justifié. Mais au moins sois transparent et dis que c’est de cela qu’il s’agit…

À noter que n’importe quel étranger peut transiter au Canada (SANS être vacciné et SANS être testé) et donc être assis à côté de toi dans l’avion, mais eux aussi ils ont le droit vu qu’ils ne sont pas Canadiens… la Science™.

 

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Sommaire

C’est possible que l’exigence de vaccination pour prendre l’avion soit moins stricte qu’annoncée. Ou pas. On va probablement le savoir à la dernière minute, juste avant le 30 novembre.

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Photo de couverture: Mexique (crédit photo: Alexandra Mendívil)

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Andrew D'Amours

Andrew est le cofondateur de Flytrippers. Il est passionné de voyages, mais aussi de l'industrie du voyage elle-même en tant qu'ancien consultant en gestion. Il partage son expérience et t'aide à économiser sur tes voyages. En tant que voyageur très économe, il adore trouver des bons deals et avoir des voyages gratuits grâce aux points de récompenses de voyage... pour l'aider à visiter chacun des pays du monde (compte actuel: 64/193 pays, 47/50 États Américains & 9/10 Provinces Canadiennes).

Cet article a 13 commentaires

  1. Alison

    Bonjour,
    Attention pour l’instant la dernière journée pour quitter le territoire si non-vacciné c’est le 29 et non le 30 novembre.
    Je suis une française de 26 ans et mon mari est canadien, tous deux non-vaccines. J’ai récemment voyagé seule en France et ça a été un grand bol d’air frais niveau covid, les gens sont bien moins intenses avec. Nous avons beaucoup hésité à tout quitter pour aller se réfugier en France mais les implications (appartement, voitures, jobs) sont trop grandes. On vit une période extrêmement difficile psychologiquement. En tant que française qui suit encore en attente de ma résidence permanente, je sais que je pourrai éventuellement revenir en France dans les prochains mois. Mais revenir sans mon mari c’est juste nul. Toutes ces mesures détruisent littéralement des vies. Je me suis mariée sans ma famille, pas de lune de miel, impossible de se projetter dans l’avenir. Nous sommes pourtant en bonne santé et nous ne représentons de menace pour personne. Triste époque. On a très peur pour l’avenir, le nôtre, mais surtout celui de nos enfants.

    1. Andrew D'Amours

      Oui, c’est ce qu’on dit, l’exigence commence le 30. En effet, plusieurs avec des liens avec d’autres pays nous disent vivre beaucoup d’incertitude. En espérant que l’option du test demeure…

  2. Gérard

    “Les vols domestiques, c’est une chose. C’est débattable au moins.”
    Là, c’est l’alinéa 1 de l’article 13 que j’ai cité plus haut qui s’applique :
    “1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.”
    Quand le gouvernement refuse qu’un de ses citoyens prenne l’avion pour un vol domestique, il viole ce “droit de circuler librement”. “Librement”, ça inclut la liberté de choisir son moyen de transport. C’est encore plus criant au Canada, où une grande partie du territoire est inaccessible par les autres transports.
    Je pousse le raisonnement: traverser le pays côte est vers ouest par exemple, c’est 5 heures de vol. En bus c’est 3 jours. A-t-on moins de “chances” de contaminer ou être contaminé: durant un vol de 5 heures dans un avion très bien ventilé et avec un système de filtration des virus?… ou durant un voyage de 3 jours, empruntant plusieurs bus, pas du tout ventilés?

    1. Andrew D'Amours

      Pour être bien clair, je trouve l’interdiction absurde. Les voyageurs non-vaccinés qui feraient un test seraient bien assez peu dangereux. Mon point c’est que c’est un peu plus une zone grise domestiquement. Mais pour quitter le pays, c’est juste vraiment impossible de justifier ça rationnellement. À moins d’admettre que c’est juste pour punir les non-vaccinés.
      Mais effectivement ton exemple est excellent pour montrer la science derrière tout ça: 3 jours en autobus sans être vacciné ni testé, ça c’est permis (et les bus n’ont effectivement pas de filtres HEPA qui rendent la qualité de l’air dans les avions meilleure que dans tous les édifices au sol). Mais prendre l’avion avec un test ne sera pas permis.
      Ce n’est pas de la science ça, mais le gouvernement du Canada se fait donner beaucoup de latitude par la justice ici, à peu près toutes les mesures sont considérées justifiées à cause de la pandémie. Mon point c’est que ça ça a pas mal plus de chances de tenir.
      Mais empêcher les gens de quitter le pays par exemple, là ça c’est vraiment (encore) moins justifiable.

  3. Gérard

    Andrew: un indice que ces restrictions sont finalement floues et n’ont pas l’air d’impressionner les transporteurs.
    Je viens de faire une réservation aller-retour au 1er décembre sur une compagnie aérienne européenne très connue et très active sur le trajet Canada-Europe. Le 1er décembre, cette compagnie est supposée refuser de transporter un non-vacciné. Alors pourquoi son site ne mentionne RIEN sur l’obligation vaccinale ? Pourquoi peut-on remplir tous les formulaires jusqu’au paiement du billet, sans avis que le défaut de vaccination peut bloquer le voyageur au Canada ?
    Et si la compagnie vend le billet mais refuse le transport, là on est dans un autre domaine du droit, à savoir une inexécution contractuelle, et le passager dispose de nombreuses protections légales.
    A suivre…

    1. Andrew D'Amours

      Bonjour, ça ça n’a rien à voir malheureusement et ça ne veut rien dire du tout. Ce n’est pas la responsabilité du transporteur de t’indiquer toutes les règles en tout temps, surtout en réservant parce que les règles du moment ont le temps de changer 10 fois avant la date du vol.
      Ils veulent ton argent et ils vont la prendre si tu n’es pas assez à ton affaire pour regarder si tu as le droit de prendre le vol, ce n’est vraiment pas de leur ressort honnêtement. Ils ne finiraient plus sinon.
      Donc malheureusement ça n’indique pas du tout que l’exigence ne sera pas mise en place.
      Et côté légal, si tu lis leur contrat de transport auquel tu acceptes de te soumettre en achetant, c’est clairement dit que c’est de ta responsabilité de vérifier si tu as le droit d’entrer au pays, eux ce sont des transporteurs aériens qui t’offrent de t’emmener où tu veux aller. Si tu as le droit ou pas, ça ne les implique pas du tout et ils vont certainement te refuser l’entrée si tu n’as pas le droit d’entrer et tu n’auras aucune protection légale :S

  4. Diane L

    Qu’est ce qui pourrait faire modifier ce règlement stupide que le gouvernement canadien impose aux non vaccinés canadiens qui veulent sortir de leur propre pays et qui résulte en un Canada-prison ? On n’a jamais vu ça ailleurs sur la planète sauf Cuba et la Russie dans le temps du communisme ! est ce que c’est contraire à la Charte des Droits et Libertés puisque d’un point de vue international, c’est le seul pays au monde à appliquer cette mesure extrême ? Il me semble qu’au contraire ce Canada devrait être heureux de faire sortir le peu de % de personnes non vaccinés de leur pays .

    Deuxième question: le gouvernement oblige t-elle toutes les compagnies aériennes à appliquer ce règlement peu importe de quel pays elles proviennent ? exemple, Aeromexico, Air France, etc…
    merci
    Une canadienne présentement au Mexique pour une période indéterminée en attente d’assouplissement et d’accomodement raisonnable pour entrer au pays et pouvoir re-voyager à nouveau.

    1. Andrew D'Amours

      Bonjour, je crois que des recours juridiques sont en cours mais je ne suis pas vraiment ça de près vu que les juges (ici au Canada du moins) ont pas mal toujours dit que toutes les règles de pandémie étaient justifiées et raisonnables donc… sinon, l’opinion publique est toujours ce qui compte le plus pour des politiciens et il semble que la vaste majorité des Canadiens veulent punir les non-vaccinés alors ça ne regarde pas bien.
      Le meilleur espoir pour que cette mesure soit levée serait plutôt que le gouvernement ait de la pression de la communauté internationale mais je ne sais pas à quel point c’est probable…
      Pour la deuxième question, oui ça s’applique à tout vol qui part d’un aéroport canadien, peu importe la nationalité du transporteur.

      1. Gérard

        1) D’un point de vue du Droit, le gouvernement franchit une ligne rouge, l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme alinéa 2 “Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.”

        2) Il y a aussi un problème diplomatique: un citoyen retenu dans un pays doit pouvoir demander protection à son propre consulat, lui-même obligé de l’assister. Le Canada va-t-il séquestrer des citoyens étrangers ? Les règles de pandémie ne justifient pas tout, la cote de popularité d’un politicien non plus, et ne doivent pas permettre de passer au-dessus de dispositions légales de niveau international. Les consulats vont-ils eux aussi s’asseoir sur leurs obligations fondamentales de protéger leurs citoyens ? Si l’une de ces deux situations se produit, je vous laisse imaginer la baisse de confiance qu’auront les citoyens, quel que soit leur statut vaccinal ou leur conviction sur le sujet, ça laissera des traces dans l’histoire: tel pays bloque les étrangers, tel pays ne protège pas ses citoyens… donc je suis optimiste, la diplomatie agit toujours, et en toute discrétion, donc c’est très possible que ça discute à haut niveau entre les états concernés… dans les ambassades, à l’abri des médias qui ont tendance à s’emballer sur le sujet.

        3) Et combien de temps le non-vacciné sera-t-il retenu au Canada ? Et si son permis de résident expire ? on fait quoi ? il ne peut plus travailler, plus s’alimenter… on le garde, on le loge, on le nourrit, alors qu’il n’a plus de statut l’autorisant à rester ? Ou alors on l’expulse au motif que son permis a expiré… oui mais alors… c’est l’argumentaire sur le vaccin obligatoire qui s’effondre… puisque finalement, il y a moyen de prendre l’avion depuis le Canada sans être vacciné.

        L’actualité montre que le bon sens finit par revenir: le Québec a fait marche arrière sur l’obligation vaccinale pour les personnels de santé.

        Andrew, je rejoins votre hypothèse que le gouvernement pourrait reculer encore l’échéance du 31 novembre. Et jusqu’au moment où il pourra finalement annuler ces restrictions, sans même les avoir mises en place…

      2. Andrew D'Amours

        En effet, je ne vois honnêtement pas comment on peut justifier empêcher les gens de quitter un pays. Les vols domestiques, c’est une chose. C’est débattable au moins. Mais quitter le pays, ce n’est pas pour rien que personne au monde fait ça je crois 😛

    2. Leila

      C’est une pure folie! Et au Canada on aime trop être de bons citoyens sans common sense…. Si je le fais, tu dois le faire ET ne pose pas de question trop trop… Bref… Je suis à Playa les pieds dans le sable et je ne reviens pas de sitôt si ce n’est pas pour jamais revenir! Adios! I want to keep on living xx

  5. Hasina

    Être Français, résident permanent au Canada et qui doit assister aux funérailles d’un proche en France ou ailleurs dans le monde… auriez-vous des informations là dessus? Je comprends que voyager avant le 30 Novembre est toujours possible mais je cherche à savoir si c’est considéré comme une urgence et s’il y a des infos (exception) là dessus. Merci

    1. Andrew D'Amours

      Bonjour, ils n’ont vraiment pas précisé grand-chose par rapport aux exemptions qui vont être permises après le 30 :S On continue de suivre ça!

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