Mon retour au Canada de la Thaïlande le 24 mars

Le 24 mars dernier, 2 jours avant que l’état d’urgence soit décrété en Thaïlande, j’ai pris un des derniers vols réguliers offerts par Air Canada vers le Québec. Voici l’expérience de mon retour de Bangkok vers Montréal et les différentes mesures auxquelles j’ai été confrontées pour faire face au coronavirus.

Comme vous savez peut-être déjà, il y a environ 1 an et demi, j’ai tout vendu pour voyager à temps plein et je n’avais pas de date de retour prévue. Ma copine et moi étions en Thaïlande, à Bangkok, quand la crise à été déclarée comme étant une pandémie par l’OMS.

Après avoir fait 6 intoxications alimentaires à deux, vécu un attentat terroriste au Sri Lanka, être passé à un cheveu de se faire attaquer au couteau en Afrique du Sud et vécu dans les feux de l’Australie, c’est finalement une pandémie qui aura eu raison de nos voyages… pour l’instant! 

Après la Thaïlande, on devait initialement se rendre dans un coin isolé d’Hawaï pour un mois d’hébergement gratuit afin de garder un chien et 2 chats (plus d’information dans un prochain article élaborant sur Trustedhousesitters) et nous espérions toujours y aller jusqu’à la semaine dernière. Par contre, avec la fermeture de la Malaisie (notre escale en route vers Hawaï) et d’Hawaï aux étrangers, c’est vite devenu impossible. 

Nous avons alors changé nos plans afin de rester à Bangkok dans notre condo dans lequel nous vivions déjà en quasi-isolation pour le mois. À ce moment, la Thaïlande avait beaucoup moins de cas que le Canada.

La situation évoluait à une vitesse fulgurante, et on suivait tout ça en direct. Avec la fermeture des frontières et l’incertitude face à la réaction d’un gouvernement étranger, nous avons décidé de revenir en prenant le risque de s’exposer au virus lors de nos 3 vols de retour au pays. 

On a acheté un vol aller-simple à 660$ par personne le 24 mars (ouch; presque le même prix que les bons deals aller-retour qu’on repère). Mais le lendemain, le prix avait augmenté à 1700$… on a bien fait de choisir le 24 mars puisque, quelques jours plus tard, la Thaïlande décrétait l’état d’urgence à partir du 26 mars et Air Canada annonçait l’arrêt de la liaison transpacifique (Tokyo – Toronto) à partir du 29 mars:

  Mise à jour sur les liaisons – Air Canada

 

Voici comment s’est passé le retour.

 

Bangkok

Quand on est arrivé à Bangkok au début du mois de mars, la température de chaque personne était prise 2 fois à l’aéroport DMK. Plusieurs autres endroits touristiques avaient aussi des mesures similaires.

Le dernier appartement qu’on a loué via AirBnB avait aussi ce genre de mesures; un garde de sécurité prenait la température de chaque personne en plus de mettre à la disposition de tous un désinfectant pour les mains. On a aussi pris l’habitude de porter un masque quand on sortait, comme c’est encouragé là-bas.

 

À notre départ de la ville, tous les restaurants, magasins et services non-essentiels étaient fermés. Les rues de Bangkok étaient presque vides alors que la ville est normalement très animée. 

Bangkok

 

24 mars: départ vers Montréal

À l’entrée de l’autre aéroport de Bangkok (BKK), la température de chaque personne était également prise.

Malheureusement, la prise de température n’est pas la solution optimale pour contrôler les cas. Cette technique va repérer les cas de fièvre mais pas les gens asymptomatiques qui pourraient quand même être contagieux. La prise de température peut donc donner un faux sentiment de sécurité et de contrôle en repérant seulement les pires cas, mais c’est sûr que c’est déjà mieux que rien.

Entrée de l’aéroport BKK – prise de température corporelle des passagers

 

Vol Bangkok – Tokyo: All Nippon Airways (6h)

L’aéroport était calme. Plusieurs vols étaient annulés.

Notre premier vol vers Tokyo, au Japon, était avec ANA (All Nippon Airways). C’est une compagnie aérienne japonnaise. J’ai adoré mon vol avec eux; un des meilleurs services que j’ai pu recevoir et les repas étaient super bons, du moins pour des repas d’avion. Les agents de bords portaient tous des gants et masques et la majorité des passagers portaient aussi un masque (comme la majorité des gens en Asie).

Repas – ANA All Nippon Airways

 

Vol Tokyo – Toronto – Air Canada (12h)

Air Canada a pris plusieurs mesures afin de combattre le virus: 

  • Si quelqu’un présentait des symptômes, il se verrait refuser l’embarquement. Le contrôle se faisait par une simple feuille listant les symptômes et on demandait à chaque passager s’ils présentaient l’un ou plusieurs de ceux-ci. Aucune preuve ou vérification de plus n’était faite. Ils se fiaient sur la bonne volonté des voyageurs qui veulent tous rentrer au pays le plus vite possible… (et qui veulent donc prendre l’avion quand même)
  • Les repas habituels étaient remplacés par des sandwichs préemballés pour limiter les contacts entre les agents de bord et les passagers
  • Aucun service de café, thé et alcool, toujours pour limiter les contacts entre les agents de bord et les passagers (seulement de l’eau en bouteille)
  • Les agents de bords ne portaient pas tous un masque ni de gants

 

Arrivée à Toronto 

Il y avait quelques mesures en place à Toronto. Afin de protéger leurs employés l’aéroport a mis en place des barrières devant les bureaux des douaniers afin de garder une distance d’un mètre entre chaque personne.

On nous demandait si on avait des symptômes en plus de nous remettre 2 feuilles d’intructions concernant le coronavirus nous expliquant que nous devrons nous isoler pour les 14 prochains jours en surveillant notre santé de près.

Donc finalement, rien de plus que ce à quoi l’autre cofondateur de Flytrippers Andrew a été soumis à son retour au Canada des États-Unis le 16 (une semaine avant).Depuis le mercredi le 25 mars (donc le lendemain de notre arrivée), en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine (L.C. 2005, ch. 20), chaque voyageur arrivant dans un des 4 aéroports prédéfinis – ceux de Montréal, de Toronto, de Vancouver et de Calgary – a l’obligation de déclarer tout symptôme qui pourrait faire croire qu’il a une maladie transmissible.

Ne pas se contraindre à cette obligation pourrait entraîner des amendes et possiblement des peines de prison. Puisqu’une grande majorité de voyageurs sont déjà revenus, il est, selon moi, un peu tard pour mettre en place cette loi… ça aurait probablement dû être fait bien avant. 

De plus, les Canadiens présentant des symptômes et arrivant à l’un des 4 aéroports acceptant toujours les vols internationaux (YUL, YYZ, YVR, YYC) devront faire leur isolement de 14 jours dans leur ville d’arrivée. Le Ministre de la Santé a même dit que le logement et les repas seraient fournis dans certains cas.

 

Arrivée à Montréal

En arrivant à Montréal, comme c’était sur vol intérieur de Toronto, il n’y avait pas de mesures spéciales contre le coronavirus. Plusieurs personnes avaient même déjà enlevé leurs masques et peu respectaient les mesures de distanciation sociale à l’intérieur de l’aérogare.

De notre côté, 2 membres de ma famille sont venus nous chercher avec 2 autos pour qu’on puisse revenir seuls vers notre logement pour 14 jours et l’épicerie avait déjà été faite pour qu’on n’ait pas à sortir. 

Et surtout, comme tu as pu le voir sur la photo de couverture, on n’a pas oublié de rapporter du papier de toilette au Québec pour survivre à la grande pénurie! 😉

 

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Sommaire

Les mesures à l’entrée n’étaient pas très élaborées. Pour ceux qui sont toujours à l’extérieur du pays et qui tentent par tous les moyens de revenir malgré les nombreuses annulations de vol et fermetures de frontières, nous espérons que vous êtes en sécurité et que vous pourrez revenir rapidement!

Kevin Gagnon

Kevin est le cofondateur de Flytrippers. Ingénieur civil de formation, il poursuit maintenant sa passion du voyage et veut vous inspirer à voyager plus! Son but est de visiter tous les pays du monde, présentement 54/193 de fait!

Cet article a 2 commentaires

  1. Marie beau

    Ce serait intéressant pour ceux qui ont décidé de ne pas rentrer au Canada, comme nous, de pouvoir lire comment ça se passe pour ces expatriés dans différents pays.

  2. Gino

    En effet les mesures préventives sont très minime aux aéroports canadiens et même aucune lors de mon arrivé quelques jours avant. Pour ma part, je suis revenu des Philippines le 11 mars passé avec deux escales, Manile-Tokyo-Newark-Québec.

    À Manile, une simple prise de température à l’entrée pour s’entasser ensuite dans une très longue file d’attente. Tokyo, prise de température également et c’est tout. Newark, absolument rien du tout, l’aéroport était peu achalandé. J’ai pu passer les douanes américaines, récupérer ma valise et la redonner au dépôt, changer de terminal avec l’airtrain et repasser la fouille et ce en même pas 30 minutes. Moi qui m’attendais à une fouille en règle et des tas de questions pour la pandémie en terre américaine.

    Le vol pour Québec, notre petit avion était plein. Lorsque je suis arrivé à Québec, comme à l’habitude l’aéroport était désert. La seule question qui avait rapport au coronavirus était sur leur borne automatisée, avez-vous voyagez en Chine, en Italie ou en Iran? Deux pays de plus que lors de mon départ en février.

    Pour la suite aucune question à ce sujet et pourtant, ils avaient le temps car j’ai dû passé à la fouille très approfondie de mes bagages. Un gars qui voyage seul avec les cheveux longs revenant d’Asie est souvent la cible de certains douaniers même dans son pays et sans avoir de dossier judiciaire. Le douanier a vérifié tout, tout, tout ce qui avait dans mon sac et une multitude de questions mais aucune au sujet du coronavirus. Son but étant de savoir si j’essayais de passer une bouteille d’alcool, un paquet de cigarette de plus. Moi qui pensais que je me retrouvais devant le douanier à titre préventif pour le coronavirus. Je voyais bien que l’aéroport n’avait reçu aucune consigne d’Ottawa.

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