Faire ‘fitter’ 15 chiens dans un char en Thaïlande ou comment j’ai concilié mon âme d’aventurier et ma passion pour les canidés

Michaël Giguère est blogueur-invité sur Flytrippers. Suivez-le sur Instagram et lisez sa bio au bas de cette page.


 

Si tu adores les chiens tout autant que voyager, il est probable que ton sens de l’aventure repousse ton projet d’en adopter un. Pourquoi alors ne pas concilier les deux passions lors d’un voyage? C’est ce que j’ai fait pendant 2 semaines, en étant bénévole pour un refuge à chiens thaïlandais en échange de l’hébergement gratuit et d’une épicerie de 2000 bahts. Récit d’une aventure qui avait du chien! ?

Tout a commencé à Montréal alors que je décidais de partir en solo pour l’Asie du Sud-Est pour la première fois en 2014. C’était avant l’existence de Flytrippers et de sa précieuse page des vols à bas prix, qui offre souvent des vols vers la Thaïlande pour moins de 700$ aller-retour. Ces vols très économiques étant alors chose moins commune, j’ai payé 1300$ un vol aller-retour Montréal-Bangkok. Pour ma défense, c’était commun jadis de payer ce montant pour aller en Asie du Sud-Est. Ce serait aujourd’hui une vraie honte que je porterais jusque dans la tombe!

Chaque problème présentant son lot d’opportunités, c’est en voyant 1300$ partir en fumée d’un coup de Mastercard que je décide d’envisager mon voyage de manière plus économe. Sur cette impulsion économe, je m’abonne à Workaway.info, un site web mettant en relation des voyageurs acceptant d’échanger avec des hôtes (de partout dans le monde) un peu de leur temps en échange de l’hébergement et 3 repas par jour (ou l’équivalent). C’est à ce moment que je m’engage à faire du bénévolat dans un cinéma indépendant cambodgien à Phnom Penh en juillet (récit à venir). N’ayant encore rien trouvé pour juin en Thaïlande, j’y atterris tout de même au début du mois pour débuter mon voyage.

Avant ce grand départ, j’ai pris soin de laisser une trace sur la mappemonde du B&B où je travaillais afin qu’on sache où j’étais passé pendant 3 mois…

 

Quand la destinée canine se mêle d’un voyage déjà pas mal freestyle ?

Ce n’est qu’une fois ancré sur l’île de Koh Lanta depuis 3 semaines — mais à peine remis du décalage horaire, du choc thermique tropical et d’un mystérieux virus thaï (mon assurance était déjà rentable à ce point) — qu’une opportunité de bénévolat attire mon attention sur Workaway : on cherche un voyageur pour aider à la tenue d’un refuge à chiens pendant 2 semaines, au cœur de l’île de Phuket, dès que possible.

Je n’avais jamais eu l’occasion de m’occuper de chiens d’aussi près, idée qui séduit tout de suite le dog lover en moi. Comme j’étais souvent sur la go pendant ma vingtaine, je n’avais jamais vraiment côtoyer autres animaux que des félins. C’est donc sans vaccin contre la rage que je tente le destin! #YOLO

J’échange quelques messages avec la responsable du refuge via le site Workaway et, en moins de deux, je confirme ma prochaine destination : Doggie Heaven Rescue, sur l’île de Phuket, en Thaïlande. Woof!

Une petite pause bien méritée entre deux tâches à Doggie Heaven Rescue. Crédit photo : James Edward Duncan Mackinder.

 

Une ride de traversier sur l’Andaman Sea plus tard, je rencontre James, responsable de Doggie Heaven Rescue, au port de Phuket où il vient me récupérer. Très sympathique et détendu, je me lie vite d’amitié avec cet Anglais de 48 ans qui un jour a décidé de partir en Thaïlande et qui est encore là des années plus tard.

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On arrive au refuge à la nuit tombée (même s’il est juste 19h00). James m’installe dans un bungalow privé de 100m2 situé de l’autre côté de la rue du refuge. C’était pas mal chic et confo pour héberger un bénévole : lit king, cuisine de base, bureau, rangement, salle de bain propre, air climatisé et accès à une piscine creusée (où j’étais toujours seul à me baigner). Même s’il est possible en basse saison touristique de louer ce genre de bungalow pour environ 15-20$ CAD par nuit en Thaïlande, il aurait été facile de me contenter de moins. Néanmoins, avec les journées à venir qui seraient exigeantes physiquement, je peux dire après coup que ce confort n’était pas superflu.

 

Premier jour à Doggie Heaven

Je me lève à 6h00 AM et je rejoins James qui me fait visiter le refuge pour la première fois. C’est essentiellement un bungalow de style 3½ avec une grande cour clôturée. James prend le temps de me présenter les 15 chiens et nous nous préparons à partir avec les chiens pour la première promenade de la journée. Nous ferions cela, James et moi, 2 fois par jour, 5 jour sur 7, en plus de plusieurs autres tâches que je devais réaliser. J’aurais congé les samedi et dimanche. Néanmoins, j’ai décidé de passer la majorité de mon temps au refuge, entre deux baignades ou siestes dans mon bungalow parce qu’il n’y avait pas grand chose à faire dans les environs du refuge.

Quelques chiens attendant le call officiel pour partir en promenade. La plupart montaient rapidement dans la voiture, d’autres étaient plus résistants et d’autres ne venaient parfois pas (ils étaient plus rares). Crédit photo : James Edward Duncan Mackinder.

 

C’est lors de la première promenade que j’ai pu rayer de ma bucket list les items “Faire fitter 15 chiens dans un char en Thaïlande” et “Me faire dévisager par des thaïs pendant que j’suis dans un char avec 15 chiens” (et autres items connexes). N’étant pas non plus encore familier avec les (non-)standards de sécurité routière thaïlandais plus permissifs qu’au Canada, j’ai pris ça comme un voyage dans nos bonnes vieilles années ’70 (ceinture en option, bien évidemment). En plus, on roulait à gauche, comme si tout n’était pas déjà assez surréaliste. Mais je sentais que j’allais vraiment aimer ce 2 semaines-là!

Je prends Honey sur mes genoux à l’avant en quittant la plage, pendant que Troy semble nous observer et que James court après d’autres chiens qui ne sont pas encore montés dans le véhicule! Crédit photo : James Edward Duncan Mackinder.

 

Les endroits où James et moi allions promener les chiens étaient superbes, mais stratégiques. Les thaïs n’aimant pas particulièrement les chiens (quand ils ne les mangent pas carrément), il fallait éviter le plus possible toute rencontre fortuite entre chiens et locaux pouvant générer des incidents évitables. Je portais plusieurs laisses sur moi en tout temps lors des promenades au cas où nous devrions rapidement reprendre le contrôle des chiens. Heureusement, en général, c’était pas mal freestyle!

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Les promenades étaient très bonnes pour le cardio et étaient l’occasion de découvrir le côté plus naturel de l’île de Phuket, dont on parle 99% du temps pour ses nuits sans fin. Au contraire, c’était plutôt mes journées qui étaient longues : on faisait le tour de lacs, marchait le long de rivières, on allait à la plage, marchait le long de routes, on courait, jouait et on se baignait avec les 15 chiens du refuge. Puis, on les nettoyait pour les refaire fitter dans la voiture pour retourner au refuge. Tout ça, c’était seulement avant 9h00 AM. Je bénévolais règle générale entre 7h30 et 13h30.

Un paysage unique au coeur de la province de Phuket où j’adorais aller en promenade avec les chiens qui, eux, aimaient en profiter aussi pour faire un saut dans l’eau!

 

C’est seulement au retour de ma première promenade que je fais la connaissance de Sherin, la propriétaire du refuge, qui m’explique un peu mieux la réalité des chiens errants sur l’île de Phuket. Elle m’explique qu’elle choisit d’aider les chiens les plus mal en point qu’elle trouve pour leur offrir des soins critiques à leur survie. Puis, lorsqu’ils vont mieux, elle les offre à l’adoption internationale. Elle me montre un grand tableau AVANT/APRÈS de transformations canines très impressionnantes installé dans le refuge.

Au moment où j’ai été volontaire au refuge, les chiens étaient majoritairement en santé. Plusieurs suivaient toutefois des traitements pour diverses affections sous contrôle. Sherin m’a alors aussi fait comprendre que la rage ne court pas vraiment les rues en Thaïlande, donc que je n’étais pas si bad ass que ça d’être venu sans vaccin! #YOLOquandmême

Le grand tableau AVANT/APRÈS de Sherin résumant les dernières transformations miraculeuses de chiens à Doggie Heaven Rescue.

 

C’est suite à ce petit briefing sur la mission du refuge que Sherin m’emmène à l’aventure en 4X4 avec une de ses amies (l’aventure c’est que j’ai dû embarquer dans la boîte, tel un thaï lors d’une journée normale) pour tenir en place quelque chose dans la boîte. L’amie et le quelque chose dans la boîte déposés à leur destination finale, j’embarque avec Sherin dans le 4X4 et on se dirige vers un genre de Costco thaïlandais où elle veut me permettre de faire des provisions pour les 2 semaines à venir. Alors que je dévore tout des yeux dans le magasin, Sherin me tend 2000 thaï bahts (environ 100$ CAD) et me demande si ça sera assez pour couvrir mes per diem pour le séjour. C’était plus qu’assez pour manger et boire, même si son Costco coûtait plus cher que le dépanneur thaï du coin. Je profite de cet excédent pour acheter quelques bières pour fêter mon arrivée ainsi que la fête nationale du Québec avec James et les chiens!

 

Et la routine s’installe!

Les journées suivantes sont tout aussi exigeantes : au retour de la promenade matinale, je cuisine pour le gros repas de la journée des chiens (et ils mangeaient même mieux que moi!), je fais un ménage léger du refuge, je toilette parfois certains chiens, je flatte sans arrêt tous les chiens, je nettoie la cour, remplis continuellement les bols d’eau tout en avalant au moins 2 litres d’eau moi-même en un seul avant-midi. Bref, je gère une baraque de 15 chiens pendant que James fait d’autre chose. J’ai ma petite routine, on ne me talonne pas trop. J’écoute de la musique pour me donner des petits boosts d’énergie et vraiment, j’adore le feeling dans tout ça!

À chaque jour, je cuisinais pour les chiens un mélange de poulet grillé, de carottes, de fèves thaï et de racine de curcuma râpée. Pendant que ça cuisait, je tranchait des rondelles de pattes de poulet pour faire des sacs de gâteries dont raffolaient les chiens. Tout un menu! Crédit photo : James Edward Duncan Mackinder.

 

Sommaire

À Doggie Heaven Rescue, en 2 semaines, j’ai rattrapé le temps perdu pour donner et recevoir plus d’amour canin que je n’en avais eu jusqu’alors. Voyager est l’occasion de s’impliquer et d’assouvir certains désirs auxquels qu’on ne pense possible que dans certaines conditions. Cette expérience m’a beaucoup appris sur les chiens et m’a montré la voie à suivre si, un jour, je voudrais en adopter un. J’aimerais beaucoup répéter l’expérience car les opportunités et besoins en protection des animaux sont énormes en Asie du Sud-Est. De plus, les billets d’avion sont encore plus abordables que jadis. On peut faire une réelle différence, même en 2 semaines. Qu’importe où vous irez, vous serez bien reçu!

Doggie Heaven Rescue existe toujours, mais Sherin a décidé récemment de déménager le tout à Bali. On peut toujours y être volontaire, mais en Indonésie. La meilleure place pour entrer en contact avec eux est via leur page Facebook Doggie Heaven Rescue Bali. On y voit d’ailleurs quelques photos de moi dans la section Volunteering. Si tu cherches des opportunités ailleurs qu’en Indonésie, le site web Workaway.info est the place to go!

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Image de couverture: promenade sur la plage avec les 15 chiens sur l’île de Phuket, Thaïlande (crédit photo: Michaël, blogueur-invité)

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Michaël G.

Michaël fait son 1er voyage 'in utero' à Old Orchard en 1984. Fasciné par le monde, dès 8 ans, il 'binge-watch' Météomédia et mémorise toutes les capitales du monde. À 35 ans, Michaël a visité 14 pays sur 3 continents. Adepte du 'slow travelling', il prend son temps, mais part longtemps. Sa formule gagnante : joindre l'agréable à un prétexte professionnel pour favoriser des rencontres et aventures spontanées. Étudiant en cybersécurité, cyberenquête et cyberfraude @PolyMTL, Michaël est ancré à Montréal et désire devenir indépendant géographiquement dans un avenir rapproché.

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