L’acquisition de Transat par Air Canada « aura pour effet de diminuer la concurrence »

Bien que la nouvelle soit passée quelque peu inaperçue à travers la récente succession apparemment sans fin de mauvaises nouvelles liées à l’industrie de l’aviation, il y a un peu plus d’une semaine le Bureau de la concurrence du Canada a publié son rapport d’analyse sur l’acquisition proposée d’Air Transat par Air Canada. L’agence gouvernementale a conclu que cela nuirait à la concurrence dans les voyages aériens au Canada.

Il fallait s’y attendre: lors de l’annonce du projet d’acquisition, on t’avait dit que c’était définitivement une mauvaise nouvelle pour la concurrence au Canada. Il n’y a aucun doute qu’avoir deux compagnies aériennes distinctes est préférable pour les voyageurs qu’avoir une seule compagnie aérienne. Moins de concurrence et moins de choix… c’est mauvais.

Dans ce même article datant de mai 2019, on avait en fait écrit spécifiquement que la seule façon que l’acquisition pourrait être bonne pour les consommateurs, c’est si l’alternative est que Transat disparaisse tout simplement. (Deux compagnies c’est mieux qu’une, mais s’il est pour y en avoir juste une de toute façon…)

Cela semblait être une probabilité assez obscure il y a quelques mois à peine — Air Transat est en opération depuis des décennies et semble être bien appréciée par ses clients — mais dans cette nouvelle réalité sans précédent, qui sait? L’impact sera majeur, tristement. Les compagnies aériennes obtiendront probablement de l’aide des contribuables, mais à quel point? De quoi aura l’air l’industrie après tout ceci?

Et c’est ça la mise en garde à propos de ce rapport: alors qu’il a été publié fin mars, il a été achevé avant la crise du coronavirus et son impact brutal sur les compagnies aériennes du monde entier, y compris ici au Canada bien sûr. Le gouvernement va sans doute aider les compagnies, mais à quel point?

 

Le rapport du Bureau de la concurrence

Tout d’abord, voici les principaux faits saillants du rapport (l’emphase est la mienne):

L’acquisition proposée de Transat par Air Canada aura vraisemblablement pour effet d’empêcher ou de diminuer sensiblement la concurrence dans la vente de voyages aériens ou de forfaits vacances aux Canadiens.

Le rapport inclut aussi: 

L’élimination de la rivalité entre ces entreprises de transport aérien entraînerait une augmentation des prix, une diminution des services et une réduction importante des voyages effectués par les Canadiens sur certains trajets où leurs réseaux actuels se chevauchent.

Encore une fois, cela ne devrait surprendre absolument personne. Qu’on ait étudié les affaires ou été consultant en gestion ou non, il s’agit d’un principe de base assez évident.

On parle du plus grand transporteur du pays qui élimine 1 des 3 seuls autres transporteurs majeurs existants… dans un pays où les prix de billets d’avion sont déjà parmi les plus élevés du monde développé.

Cependant, pour être clair sur ce que ce rapport est – et ce qu’il n’est pas – ce n’est pas contraignant et n’est pas une décision officielle (tout comme la « déclaration » de l’Office des transports du Canada légitimant la pratique d’accorder un crédit-voyage lorsque les passagers ont droit à un remboursement).

Cette étude du Bureau de la concurrence ne fait qu’analyser la situation et résumer son « évaluation de l’intérêt public ». C’est au Cabinet du Canada de prendre la décision finale d’approuver ou non la transaction, peu importe ce que dit le rapport ou ce que pense le Bureau de la concurrence. Je vais parler de ce qui risque d’arriver dans la prochaine section.

Mais avant: la crise du coronavirus plane au-dessus de tout ces jours-ci, en particulier l’industrie du voyage. Soit dit en passant, Air Canada a accepté en 2019 de payer 18$ par action pour l’acquisition, mais Transat se négocie maintenant à moins de 8$…

Le Bureau de la concurrence reconnaît explicitement dans son rapport que « l’impact de ces événements sur l’industrie canadienne du transport aérien semble être important à court terme », ce qui est également très évident. Ils ont également très raison quand ils disent qu’ « il est impossible de connaître l’ampleur et la durée d’un impact pour le moment ».

Quoi qu’il arrive, il est agréable de voir qu’un organisme public canadien est préoccupé par le fait que les consommateurs aient moins de choix, au moins.

Cette autre agence mentionnée plus haut, l’OTC, ne semble pas très préocupée par le fait que les Canadiens aient moins de choix à propos de ravoir l’argent auquel ils ont droit si leur vol est annulé par la compagnie aérienne. Et elle ne semble pas non plus préocupée par le fait que les Canadien aient moins de choix à propos d’être personnellement forcés à être dans la business de fournir des prêts sans intérêt à des méga-sociétés qui valent des milliards de dollars. (Tu sais, au cas où les voyageurs seraient eux-mêmes touchés par la crise et auraient présentement besoin de cet argent?)

 

La transaction sera-t-elle approuvée?

Comment est-ce qu’Air Canada et Air Transat vont s’en sortir après la crise du coronavirus? Comment grave ce sera pour les deux?

Cette crise s’enligne pour être tout simplement horrible pour les compagnies aériennes, la pire de l’histoire récente.

Apparemment, certains croient que le gouvernement canadien laissera toutes les compagnies aériennes faire faillite (ou veulent qu’il le fasse), mais étant donné l’ampleur de tout cela, cela semble peu probable.

(C’est pourquoi plusieurs trouvent très discutable pour les compagnies aériennes de ne pas respecter les lois contractuelles en confisquant l’argent auquel les voyageurs ont droit en plus d’obtenir beaucoup d’argent des contribuables, comme ce sera probablement le cas — aux États-Unis, les compagnies aériennes ont obtenu 50 MILLIARDS de dollars.)

Étant donnée la situation grave, ça pourrait coûter cher et le gouvernement canadien économiserait probablement en ayant à aider qu’une seule plus grande compagnie aérienne, plutôt que deux compagnies séparées.

Ça pourrait être le facteur décisif, peu importe que ce soit meilleur ou non pour les consommateurs. On a vu avec l’enjeu des crédits-voyage/remboursements (ou la charte des passagers l’an dernier) qu’ils ne se rangeront probablement pas du côté des consommateurs de toute façon.

Bref, ton opinion sur un éventuel « bailout » (ou sauvetage financier) pour les compagnies aériennes et ton optimisme (ou ton absence de) sur la reprise à court-terme de l’industrie de l’aviation sont donc susceptibles d’influencer ta position sur le fait d’approuver ou non la transaction.

À titre de rappel, Air Canada est n°1 au Canada, tandis qu’Air Transat est n°4.

Et c’est surtout au Québec que l’impact sera terrible côté concurrence, car c’est l’endroit où les deux sont le plus présents et le seul endroit où les compagnies ultra low-cost canadiennes, qui font baisser les prix, ne sont pas présentes.

Plusieurs voyageurs ne se soucient pas beaucoup de cette transaction car ils croient que seuls ceux qui aiment les vacances tout-compris seront touchés puisque c’est le « core business » de Transat (et il le seront: Air Canada et Air Transat détiendront près de 50% du marché vers des « destinations soleil »).

Mais l’impact est encore pire pour les voyages vers l’Europe: la combinaison de ces compagnies détiendra plus de 63% du marché transatlantique! Le concurrent le plus proche n’en aura que 11%, en plus d’être un transporteur étranger.

Air Canada et Air Transat se chevaucheront sur 83 liaisons (dont 22 ne sont exploitées que par ces deux compagnies aériennes):

  • 49 liaisons qui se chevauchent entre le Canada et l’Europe
  • 34 liaisons qui se chevauchent entre le Canada et les « destinations soleil » (Floride, Mexique, Amérique centrale, Caraïbes)

Tu peux lire plus de détails sur l’acquisition d’Air Transat par Air Canada dans notre article suite à l’annonce initiale.

Donc, la transaction sera-t-elle approuvée?

Même si le Bureau de la concurrence est préoccupé et que ce rapport semble négatif, pour être honnête, j’aurais été surpris si le gouvernement n’avait pas approuvé la transaction, et ce, même avant même la crise du coronavirus.

Maintenant? Je serais absolument stupéfait.

 

Que penses-tu de la transaction? Doit-elle être autorisée par le gouvernement? Dis-le nous dans les commentaires ci-dessous.

 

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Photo de couverture: avion Air Transat (crédit photo: Wikimedia Commons) et avion Air Canada (crédit photo: AirCanada.com)

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Andrew D'Amours

Andrew est le cofondateur de Flytrippers. Il est passionné de voyages, mais aussi de l'industrie du voyage elle-même en tant qu'ancien consultant en gestion. Il partage son expérience et t'aide à économiser sur tes voyages. En tant que voyageur très économe, il adore trouver des bons deals et avoir des voyages gratuits grâce aux points de récompenses de voyage... pour l'aider à visiter chacun des pays du monde (compte actuel: 62/193 pays, 46/50 États Américains & 9/10 Provinces Canadiennes).

Cet article a 5 commentaires

  1. Jocelyne

    Air Transat avant Air Canada.

  2. Estelle

    Pourquoi ne pas initier une pétition pour montrer au gouvernement que les consommateurs sont absolument contre cette transaction ?

  3. Josée Roy

    Bonjour amis Flytrippers non il ne faut pas que la transaction se fasse à cause de la non concurrence.Vous êtes mes idoles je vous remercie de votre excellent travail vous êtes surtout proactifs en toutes circonstances et d’un tir sur toutes actualités présentes. Ils se perçoit derrière vous une très belle équipe avec deux joueurs de grands intérêts vous Messieurs !

  4. Rémi Arsenault

    Je suis contre cette transaction. Je vois que l’OTC n’est pas là pour les canadiens mais seulement un petit groupe

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